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The Musical Box, Pleyel le 4 décembre 2018

mercredi 5 décembre 2018, par Sébastien Bourdon

Visions of Angels

Aux abords de la salle Pleyel grouille une petite foule mâle et blanche, grisonnante et parfois bedonnante. Les femmes sont rares mais les fils sont nombreux, c’est un concert de continuité ou de transmission, c’est selon.

Un concert de The Musical Box relève donc du spectacle tout ce qu’il y a de plus raisonnable et bourgeois, quand cette musique était en réalité le fruit de cerveaux juvéniles, déterminés et brillants (Banks, Collins, Gabriel, Hackett, Rutherford, Philips ayant quitté le groupe trop tôt, on parlera juste d’’influence).

Et quoiqu’on pense du concept, postmodernisme appliqué à lamusique probablement, de rejouer à l’identique des choses dont aurait pu imaginer qu’elles meurent avec leurs auteurs, c’est diablement émouvant que de pouvoir encore entendre tout cela « en vrai ».

Bien sûr, la scénographie laisse peu de place à l’improvisation et ce souci baroque du respect de l’ancien fige un peu l’ensemble. Mais la complexité vivace des morceaux jaillit en permanence, et on croirait voir les fantômes des jeunesses enfuies des compositeurs derrière chaque note reprise par leurs interprètes contemporains.

Ce qui rafraîchit également cette tournée est son concept, « Genesis Extravaganza ». Au lieu d’interpréter fidèlement une tournée d’époque, les musiciens piochent largement dans le répertoire de Genesis de la période particulièrement fertile 1970-1977. Ils en tirent un concert en quatre parties, sans ordre chronologique particulier.

Commencer ainsi par la fin, en offrant l’instrumental « In That Quiet Earth » (« Wind and Wuthering » - 1977) qui mélange l’automne anglais avec le jazz rock américain, se révèle une excellente idée, même et surtout pour les fans chevronnés. Ce morceau rapide, au mille variations, nous rappelle à quel point on savait jouer dans Genesis, sans que cela ne soit jamais ennuyeux. Tiraillé entre le désir de commettre des tubes et une exigence musicale singulière, le groupe produisait une musique incroyablement riche et inventive.

Il n’y aura donc pas ici de débat type Collins contre Gabriel, à cette époque, avec l’un ou l’autre chanteur, le groupe n’a sorti que des chefs d’œuvre indiscutables.

Les deux dernières parties du concert furent centrées sur la période Gabriel avec des titres moins convenus (bouleversantes interprétations de « Time Table », « Seven Stones » et, oh joie, « Can-Utility and The Coastliners »). Furent même tirées de ce feu créatif des raretés comme « A Place To Call My Own », «  Looking for Someone » et « After The Ordeal », jamais joué par Genesis en concert.

On ne déplorera donc de cette soirée que nos places assises et une foule bien sage quand la musique eut mérité une participation moins timide de l’audience.

Sébastien Bourdon

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