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Mr. Nice Guy

Alice Cooper, l’Olympia, le 7 décembre 2017

dimanche 10 décembre 2017, par Sébastien Bourdon

Alice Cooper, l’Olympia le 7 décembre 2017

Le serveur au bar à côté de l’Olympia évoque avec la clientèle le fait qu’à treize ans, il écoutait du hard rock et notamment la vedette de ce soir. Je ne pourrais vous donner son âge à ce loufiat, mais Alice Cooper a pour sa part 69 ans. Et les porte fort bien.

Les tee-shirts coûtent entre 35 et 40 Euros, on ne plaisante plus, c’est carré et or VIP (carte vermeil un peu aussi, même si la population est assez multi générationnelle) et ce dès le merchandising. La rapacité de cette échoppe sera heureusement largement compensée par la générosité du spectacle.

Sinon, la queue aux toilettes est plus impressionnante chez les hommes, mais c’est peut-être du aux problèmes de prostate. Trêve de plaisanteries douteuses sur le vieillissement du rock n’ roll, tout le monde sait qu’il ne mourra jamais.

Dans la sono, la musique précédant le concert d’Alice Cooper est déjà du Alice Cooper. Qu’en sera-t’il du silence qui le suivra ?

Se glisser ce soir dans la fosse relève de l’effort surhumain, on se croit ici comme au théâtre et on n’entend pas laisser sa place durement acquise au plus près de la scène.

En attendant le début, on s’agglutine donc, sans possibilité de fuite en avant, ni de retour en arrière.

S’il n’en est pas forcément l’arbitre, Alice Cooper est un homme d’élégances, qu’elles soient musicales ou visuelles. Inutile de vous narrer l’affaire par le menu, on peut faire vite, il n’y a rien à blâmer dans un spectacle de ce garçon. Ainsi et notamment le choix des morceaux est un art difficile, il s’en tire par le haut, jouant les favorites du grand public, mais ne rechignant pas à exhumer des raretés, pour la joie des gourmets.

Ensuite, depuis le Alice Cooper band des origines, et ses multiples déclinaisons postérieures, Vincent Furnier tient sans nul doute son meilleur groupe. Pourquoi ? Justement parce que c’est un vrai groupe, à la cohésion joyeuse et communicative. D’ailleurs, ils jouent parfois sans lui, donnant des concerts entre deux dates. Pas une note de trop, alors que l’on compte quand même trois guitaristes.

A l’image, si le batteur Glen Sobel a un jeu extrêmement visuel et que la guitariste Nita Strauss est extrêmement visuelle (« a woman of mass distraction »), le spectacle ne se fait jamais au détriment de la musique, si léché soit-il.

Comme la sémillante Nita l’affiche sur son teeshirt : « ego kills talent ». Ce qui résume assez bien la vision qui traverse la carrière d’Alice Cooper, s’amuser sérieusement sans jamais se prendre au sérieux.

A la fin d’un spectacle durant lequel Alice Cooper n’a cessé de faire le show, il nous a salués d’un sonore « Merry Christmas », nous renvoyant à nos rêves gentiment tordus d’éternels enfants, ce soir particulièrement émerveillés.

Sebastien

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