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"La Philo des Super-héros" de Elodie Denis et Jonas Mary

mercredi 6 septembre 2017, par Sébastien Bourdon

Il est certain que l’on a beaucoup plus lu dans sa sage jeunesse les revues éditées par Lug (Strange, Spécial Strange !) que les œuvres complètes de Hegel ou Spinoza (Baruch de son petit nom).

On a bien eu quelques cours de philosophie en Terminale (B), mais on était fort dissipé, préférant rire avec la sémillante Sophie (ça ne s’invente pas) plutôt que d’écouter ânonner un vieux barbon à l’air sévère en veste de tweed.

La matière ne nous déplaisait certes pas, loin de là, mais on est idiot quand on est jeune, et finalement on est passé à côté du cours, comme de la jeune élève d’ailleurs.

La leçon fut toutefois profitable et, le temps venu, on se verrait bien un jour vieillard sur les bancs de la faculté pour des retrouvailles réussies avec la matière. En attendant, il faut bien gagner sa vie, mais miracle de l’existence, se produisent parfois des rencontres qui permettent de renouer un peu avec la sagesse. Presque mieux encore, lire un livre.

De manière savante, mais décontractée, Élodie Denis et Jonas Mary ont ici décidé de nous faire renouer avec la matière philosophique, utilisant le prisme de la légitime fascination des enfants humanistes : les super-héros.

L’idée pourrait choquer l’érudit, quand en réalité les auteurs ne le sont pas moins, et plutôt que d’étaler une science sans conscience, ils arpentent les chemins d’une pensée ouverte en utilisant à bon escient et juste titre leur connaissance encyclopédique du monde merveilleux des héros costumés.

Si une envie de scepticisme vous prend, on ne saurait trop vous recommander la pertinence de certains parallèles faits entre les affres des super héros et les questionnements philosophiques. Il y a alors quelque chose qui relève de l’évidence à la lecture : enfants férus de comic books, nous n’étions pas seulement convaincus de la nécessité d’avoir des super pouvoirs pour plaire aux filles, nous prenions en réalité conscience des enjeux triviaux comme métaphysiques que sous-entendaient le seul fait d’être humain, avec ou sans collant par dessus nos sous-vêtements.

C’est toute la grandeur énoncée avec une légèreté souriante de cet ouvrage. Voler, voir au travers des murs, ne craindre que la kryptonite, ne protège pas de la réflexion philosophique et même au contraire l’accentue. Qu’est-ce qu’être humain quand on est sa version augmentée et comment cette nature légèrement différente et les aventures qu’elle engendre peut éclairer la pensée à l’instar des mythes antiques.

Sébastien Bourdon

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