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« La Femme de mon Frère » de Mona Chokri

samedi 6 juillet 2019, par Sébastien Bourdon

Twisted Sister

Film inventif et intelligent dans les formes qu’il prend pour décrire le monde occidental contemporain, ce premier opus de Mona Chokri surprend, enchante, agace ou émeut selon les séquences.

Sophia a 35 ans à Montréal, erre sentimentalement, et peine plus encore à se trouver une place dans la société, situation d’autant plus frustrante qu’elle est une philosophe largement diplômée et brillante (mais à l’université comme ailleurs, le népotisme prévaut).

Elle vit avec son frère, Karim, dans une espèce d’agitation fraternelle, comme si ces deux là n’avaient jamais cessé d’avoir 8 ans. Ce dernier semble plus à l’aise dans l’existence, sémillant garçon flirtant ça et là, assumant la légèreté apparente avec laquelle il prend les jours et les heures.

Ces deux inséparables rendent fréquemment visite à leurs parents, couple divorcé mais soudé puisque vivants toujours ensemble, fidèles à leur affection comme à leurs idéaux de jeunesse.

Un beau jour, le frère tombe amoureux et rompt cet équilibre, laissant Sophia chercher plus encore une place qui sans cesse se dérobe.

Caustique et pessimiste, luttant sans cesse contre le sentimentalisme, la voilà donc face à ses failles et contradictions, alors que son plus fidèle allié prend le large.

Sophia souffre et se désespère mais ne s’effondre jamais, il serait donc parfaitement abusif de la qualifier de « dépressive » comme on a pu le lire dans certaines critiques. Elle cherche des solutions à son mal-être, et se révèle extrêmement drôle et attachante (« attachiante » plus exactement).

Avec ses nombreuses scènes de danse (ou de patinage, on est quand même au Québec), de fêtes et de dialogues à bâtons rompus, Mona Chokri nous plonge littéralement dans l’agitation mentale et physique de Sophia.

Agité comme son héroïne, le film est ainsi tourné et monté avec une vivacité qui peut parfois crisper mais qui au final séduit tant l’oeuvre est intelligente et personnelle.

Film sur l’époque qui décrit fort bien un monde dans lequel on forme encore des philosophes mais dont on ne sait plus ensuite que faire.

Sébastien Bourdon

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