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King Crimson, l’Olympia le 16 novembre 2018

lundi 19 novembre 2018, par Sébastien Bourdon

I Repeat Myself

Après une prestation proprement magique en 2016 à Pleyel (cf. chronique précédente : http://www.soundsmag.org/Tomorrow-I-ll-be-crying), la formation du moment, inchangée ou presque, de King Crimson parviendra t’elle à offrir une prestation d’une telle intensité à Olympia, l’effet de sidération un peu émoussé ?

On sait en effet quand même un peu ce qui nous attend, d’autant que, en sus du concert précité, le visionnage et l’écoute en boucle du récent et somptueux coffret live « Radical Action » nous a forcément plus encore familiarisés avec cette formation au-dessus d’à peu près tout le monde, techniquement comme musicalement.

On rappelle le concept de cette promenade dans la longue discographie de King Crimson : huit musiciens, tous exceptionnels, certains étant même de vraies vedettes dans leur spécialité : Robert Fripp (guitare) en majesté, l’impérial Tony Levin (basse, entre autres), le légendaire Mel Collins (flûte, saxophone) et tout à l’avenant, mais surtout sans oublier le magnétique Gavin Harrison (batterie)

Le dispositif scénique est minimaliste : sur l’estrade en arrière-scène, cinq musiciens dans leur espace délimité, et devant eux, pas moins de trois batteurs pour mener en cadence la cascade (de notes).

Au regard de cette austérité de principe, même l’éclairage ne varie pas (sauf pour le dernier morceau !), mettre trois batteurs à l’avant-scène est une excellente idée. Leurs jeux complémentaires offrent au concert un indéniable apport visuel, Gavin Harrison ajoutant à sa technicité hors norme, une gestuelle particulièrement élégante.

Il faut savoir que le maître d’œuvre, Robert Fripp, est homme à considérer que seule doit compter la musique et que le décorum ne peut que nuire à l’expression de cette dernière.

Voilà donc un spectacle à plutôt réserver à ceux qui aiment la musique qui dure longtemps et... la batterie. Autant dire que la population dans les travées de l’Olympia était majoritairement mâle et plutôt née au siècle dernier.

Pourtant, si musique contemporaine ardue il y a parfois (non, il ne règle pas sa guitare Robert Fripp, il fait un solo), elle n’est jamais privée de swing et de mélodie (« Epitaph », « Cadence and Cascade »).

On pourrait finalement synthétiser la musique de King Crimson avec le « Starless » (titre extrait de « Red » - 1974) qui, judicieusement, clôtura les débats dans une lumière rouge cramoisie (forcément). Pièce essentielle à l’histoire de la musique, ce morceau condense en effet en ses différentes parties tout ce que peut apporter ce groupe en termes de composition et d’exécution : une mélancolie belle à pleurer (d’ailleurs, j’ai pleuré), un groove proprement terrassant et des expérimentations sonores particulièrement bien senties.

A la fin, la musique se révèle à vous comme l’amour, et si l’on veut bien croire que la vie est belle, on ne peut s’empêcher de se dire qu’elle doit être encore meilleure quand on est l’un des trois batteurs de King Crimson.

Sebastien Bourdon

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