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Killing in the Name

lundi 13 juin 2016, par Sébastien Bourdon

Samedi 11 juin dernier, au Pulse (Orlando, Florida), on passait de la techno latino, genre musical qui, si on me l’avait infligé, m’aurait sans doute amené à des commentaires acerbes (et éventuellement discutables).

Sur place, nombre de témoins ont déclaré avoir d’abord confondu les tirs avec la musique.

Au Bataclan, le 13 novembre 2015, beaucoup de spectateurs firent d’abord la même confusion. Un coup porté sur une caisse claire a l’intensité sonore d’un coup de fusil.

Ce que ce dernier évènement abominable nous rappelle, c’est que nos inoffensifs loisirs peuvent éventuellement nous coûter la vie. Ne cédons certes pas à la panique, la probabilité reste faible, on expose bien plus sa vie à prendre l’autoroute. Du coup, ceux qui aiment prendront le train mais, depuis un certain trajet en Thalys, on sait que ce mode là n’est pas forcément plus sûr que les autres.

Il semble qu’une frange imbécile de l’humanité se réclamant de la religion persiste à ne pas tolérer qu’on rigole librement, chacun selon ses appétences. C’est fort regrettable car, dans le glorieux Occident, même les plus peine à jouir ont la possibilité de s’amuser selon leurs goûts, quels qu’ils soient (tout n’est après qu’une éventuelle question de moyens, ainsi va le capitalisme).

Mais il est vrai que quand on a tout raté, qu’on n’est capable de rien ou presque, s’improviser lâche assassin peut être une issue (certes fatale).

Cette liberté peut légitimement agacer, nous fûmes ainsi sans doute nombreux à voir les prémices symboliques de l’effondrement de notre civilisation dans la prestation de David Guetta en ouverture de l’Euro 2016.

Dimanche dernier, les juifs célébraient Chavouot, fête commémorant la remise des Tables de la Loi à Moïse. Si l’on devait retenir un seul commandement religieux, « tu ne tueras point » semble s’imposer. Vous noterez que cette tournure est particulièrement pertinente s’agissant de l’assassinat de parfaits inconnus qui ont pour seule caractéristique de ne pas avoir la même sexualité que vous ou des goûts musicaux distincts.

Cette épouvantable nouvelle est tombée sur un dimanche pluvieux de juin, journée devenue triste comme un lendemain de treize novembre. On s’est traîné le cœur lourd, ne sachant une nouvelle fois pas quoi raconter à ses enfants, qui semblent pourtant déjà largement au fait de l’univers épouvantable dans lequel on a eu la drôle d’idée de les faire naître.

Il m’est seulement venu ce jeu de mots un peu pathétique, « le monde n’est pas très gai », et c’est peut-être surtout contre cela qu’il faudra se battre avec la dernière énergie. Comme me le disait une amie, « la route est longue et nous y allons pieds nus ».

Sébastien

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