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« Katie Says Goodbye » de Wayne Roberts

lundi 23 avril 2018, par Sébastien Bourdon

Ta Katie t’a quitté

Ce premier film décrit les mésaventures d’une jeune serveuse, Katie (Olivia Cooke), dans un coin perdu du sud ouest américain. Douce entêtée au cœur d’or, elle n’hésite pas à vendre ses charmes délicats aux gars du coin pour pouvoir un jour partir vivre en Californie et fuir ce bout du monde, physique et capitaliste.

Délicieuse obstinée, elle décide aussi de tomber amoureuse au premier regard d’un nouveau venu : Bruno, un barbu taiseux, repris de justice, qui exerce ses talents manuels dans le garage du coin.

Katie avait eu jusqu’alors des relations tarifées au sein desquelles elle conservait une forme de pouvoir et où gouvernait une indéniable forme de gentillesse. Cette irruption du sentiment amoureux qu’elle accueille le sourire aux lèvres bouleverse quelque peu cet équilibre précaire.

Il y avait ceux auxquels elle va maintenant refuser ses services et ceux qui n’en ont jamais bénéficié, se considérant alors comme injustement définitivement privés d’un accès à son corps.

Il est vrai que pour ces rednecks, un corps féminin se sollicite comme une commande de hamburger et les voilà bien frustrés de s’imaginer privé de ce qu’ils considéraient comme droit acquis.

On se fait alors fort de nous montrer, même si tout en ellipses, que de légèreté il n’y avait effectivement point et que toutes les violences sont à craindre dans ce monde perdu.

Si on sort un peu sonné de la salle, on relève quand même que, nonobstant ses qualités formelles (jeu, mise en scène, photographie), le film se rapproche de l’exercice de style.

Le jeune réalisateur, sous un très beau portrait de femme, accumule quelques clichés et se perd parfois presque dans une vision caricaturale de blancs pauvres et sans espoirs au fin fond du rêve américain.

Mais si le déterminisme social ne promet aucune rémission, il n’empêche pas la petite serveuse d’espérer, envers et contre tout, et surtout contre tous.

Katie ne vit pas sa vie, elle la rêve. La légèreté qu’elle mettait dans l’amour tarifé est contrebalancée par l’excès qu’elle donne à un sentiment neuf qui n’est peut-être ni aussi grand, ni aussi partagé qu’elle le décrète.

Lorsque ce tout petit monde va, avec fracas, s’effondrer, menaçant de l’étouffer sous les gravats, elle ne l’acceptera pas, mettant dans la résistance au mauvais sort le même entêtement. Cet état d’esprit la sauvera peut-être, le film vous donne le droit de le croire et nous laisse exactement là : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Sébastien Bourdon

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