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Helmet, la Boule Noire, le 1er octobre 2019

mercredi 2 octobre 2019, par Sébastien Bourdon

Exactly What You Wanted

Cet été, je suis tombé nez à nez dans une station service sur un type portant un teeshirt « In The Meantime » quand j’en arborais moi-même un estampillé « Betty ». Sur la route des vacances, peuvent se croiser des amoureux d’Helmet.

La salle s’est remplie doucement, essentiellement de garçons avec des sacs à dos, et qui avaient pour la plupart laissé leurs vingt ans au vingtième siècle.

Le concept de cette tournée de vétérans est la célébration des trente ans du groupe (qui n’en est pas vraiment un, le guitariste, chanteur et compositeur Page Hamilton en constituant le seul membre historique et inamovible). Pour fêter cela, la formation joue trente titres chaque soir, sans s’encombrer ne serait-ce que d’une première partie.

Ceci dit Helmet n’ayant jamais versé dans le rock progressif, ça ne devrait pas durer des plombes. Ça a d’ailleurs démarré tellement vite et fort que je me suis même demandé s’ils n’allaient pas nous plier ça en trois quart d’heure. Il est possible qu’ait été inventée durant ce concert l’expression « sans temps mort ».

Mais, loin de nous écraser avec cet enchaînement nerveux de titres frénétiques, le groupe nous met en fait tout de suite dans le bain.

Au bout d’un moment, alors qu’il n’avait pas encore dit un mot, Page Hamilton souriant nous dit « merci beaucoup » et on a alors vraiment réalisé qu’il était aussi content que nous d’être là. Il s’est même mis à raconter sa journée à Montmartre avec beaucoup de drôlerie, dans un sabir franco américain impayable.

Quand le début du concert avait joué l’efficacité froide, la suite s’est donc révélée bien plus chaleureuse - et encore plus transpirante.

Il est difficile de décrire l’extrême sobriété de la musique d’Helmet : ramassée, réduite à l’essentiel, des guitares acérées et comme privées de fioritures, mêlant implacablement bruitisme et groove.

Ce traitement radical fait des merveilles sur leurs compositions de « Wilma’s Rainbow » à « Bad News » mais marche fort efficacement aussi avec les reprises comme avec le « Army of Me » de Björk ici transformé en machine de guerre, ou une exceptionnelle visite sur les terres de Black Sabbath avec une version dynamitée de « Symptom of the Universe ».

Nonobstant cette horlogerie impitoyable, on se fait parfois surprendre par une intensité mélodique comme jaillissant de l’expérience mathématique qu’est la musique d’Helmet.

Page Hamilton affiche près de soixante ans et les porte beau, mais a probablement eu raison pour donner des concerts aussi intenses de s’entourer de troupes fraîches et notamment d’un infatigable batteur qui, s’il a une coquetterie dans l’œil, ne l’a pas dans les baguettes (Kyle Stevenson).

S’en fout les sacs à dos et les cheveux grisonnants, hier soir on était au maximum en 1997.

Sébastien Bourdon

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