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Enslaved - la Machine du Moulin Rouge, le 16 octobre 2018

vendredi 19 octobre 2018, par Sébastien Bourdon

Mandales et Poésie

Il fait si chaud à Paris en cette mi octobre 2018 que si l’on croisait le prédicateur d’apocalypse Phillipulus (« L’étoile Mystérieuse » Hergé - 1942) on n’en serait guère surpris.

Pas franchement un temps à écouter du black métal donc, même progressif, mais si on se fout des modes, on se moque également du climat quand on met un disque.

Et puis les flots de sombres guitares qui vont s’abattre sur nous accompagneront très bien la fin du monde qui est, paraît-il, pour bientôt.

En entrant dans la salle, on découvre Krakow, un groupe qui vient sans doute de l’Est (breaking news, ils sont... norvégiens) . Ces garçons ne semblent rien proposer de nouveau, mais la qualité est indéniablement là. Dommage, ils ont commencé trop tôt (dans un monde trop vieux) pour qu’on puisse se faire une idée plus précise, étant arrivé trop tard sur place.

L’essentiel était de toutes façons ce soir de ne pas manquer une note d’Enslaved, groupe qui ne déçoit jamais et la soirée l’a encore confirmé. Le seul reproche audible et envisageable tient sans doute dans la trop courte durée du concert, une petite heure et quart qui est passée bien vite.

En effet, difficile de ne pas vouloir plus et encore de cette musique somptueuse qui donne aussi bien envie d’envahir la Normandie à bord d’un drakkar que de s’allonger et de contempler le ciel, avant qu’il ne nous tombe sur la tête.

La prestation des norvégiens est d’une telle qualité qu’on a repéré un seul et unique type brandissant son téléphone pour filmer. Ici, on vit pleinement l’immédiateté de l’instant et sa fugace rareté, qu’importent les pixels laissés sur nos écrans.

Comme toujours le groupe se promène dans son répertoire, extrayant le rare comme le précieux de sa déjà longue carrière (27 ans). Les déflagrations brutales assénées avec un art consommé du riff sont traversées de mélodies extatiques et aériennes, peu de groupes réussissent aussi bien un tel mélange.

Il faut bien pourtant se dire au revoir et après des adieux énamourés, le groupe quitte la scène pour être remplacé par les nettement moins sophistiqués High On Fire.

On a rien contre la sauvagerie musicale, mais cette démonstration virile et et sacrément monolithique nous lasse assez rapidement.

On opte donc pour un repli sur le trottoir, tombant alors sur Enslaved au grand complet en train d’empaqueter le matériel avant un long voyage.

Ils se révèlent sans surprise être des garçons aussi charmants que talentueux, avec lesquels nous échangerons donc quelques amabilités avant de rendre leur musique et nos sourires à la nuit.

Sébastien Bourdon

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