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« Contes de Juillet » de Guillaume Brac

dimanche 2 septembre 2018, par Sébastien Bourdon

Summertime Blues

Après le vrai-faux documentaire « L’île au Trésor », Guillaume Brac retourne sur la base de loisirs de Cergy-Pontoise, pour un petit film de fiction (en réalité, deux films, l’autre se déroulant à Paris).

Amener jusque dans les salles obscures le fruit des efforts concertés du cinéaste et de jeunes acteurs, également auteurs pour l’occasion, telle est la démarche ici accomplie par le cinéaste.

Cela donne un objet un peu étrange, au charme certain, même si la fraîcheur maladroite des débutants n’est pas toujours compensée par l’expérience d’un réalisateur plus chevronné.

Au regard de la saison - l’été - et de l’âge des protagonistes, c’est au marivaudage qui sied à ces périodes que le diptyque est consacré. A la plage, comme à la ville, approches maladroites et tentatives de concrétisation donnent matière à quelques mésaventures le plus souvent drolatiques et légères.

En ayant vu tous ses films, l’on en vient à se demander si Guillaume Brac ne s’intéresse définitivement pas aux amours matures, préférant filmer les préliminaires ou les échecs, et en tout cas la permanence de besoins et sentiments qui ne savent pas toujours où et comment se concrétiser.

Cela donne ici des séquences d’une grâce parfois infinie (l’escrime et la danse contemporaine, activités inattendues et magiques) et quelques occasionnelles maladresses.

On pourrait finalement lui faire procès d’une certaine légèreté du propos, ainsi même lorsque les hommes insistent un peu trop, ce n’est pas grave, mais Brac fait soudainement entrer la violence du monde à la fin de son film.

Il a même la pudeur de ne peut-être pas asséner cette révélation à ses protagonistes, en sont-ils informés ou bien leurs larmes ne sont-elles que le fruit de l’insatisfaction de soi, chacun se fera son idée. Les voitures sur le périphérique comme les fenêtres des appartements du Paris nocturne n’en disent rien, et c’est sur un matin silencieux que s’achèvent ces infortunes du cœur dans un monde cruel.

Sébastien Bourdon

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