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« C’est ça l’Amour » de Claire Burger

jeudi 18 avril 2019, par Sébastien Bourdon

La Gloire de Mon Père

On aurait pu avoir des doutes, le titre du film est peu engageant, laissant penser à une énième comédie française familiale potentiellement tarte, mais l’absence de ponctuation finale laisse le champ ouvert à la réflexion. L’inquiétude du spectateur pouvait être d’autant plus grande que la bande-annonce donne une idée assez fausse, trahissant même l’esprit de certaines scènes.

Évidemment, il n’en est rien et on n’a vu portrait de famille aussi réussi de longue date.

Mario (Bouli Lanners, parfait) est agent de la fonction publique à Forbach et le film commence alors que sa femme (Cécile Remy-Boutang) vient tout juste de le quitter, le laissant seul avec ses deux filles (Sarah Henochsberg et Justine Lacroix).

Ce départ, vécu comme inattendu, laisse en lui un immense vide incrédule. Légèrement débordé par l’événement et ses conséquences, Mario tente tout de même de faire face, de reprendre une place.

La tâche n’est pas aisée, tant il peine à se voir autrement que nul et incapable, cette conviction l’enfonçant dans un état dépressif latent que la gestion quotidienne des problèmes des administrés aggrave probablement.

Mais il ne rompt pas, s’accroche, cherchant une voie après cette sortie de route.

La nature a horreur du vide et cette absence maternelle semble libérer au sein du foyer soudainement réduit des sentiments que l’adolescence des jeunes filles rend plus intenses encore (l’une commence cette période charnière quand l’autre la termine).

Face ce père meurtri, aimant et maladroit, les jeunes filles poursuivent de leur côté la quête des sensations de leur âge. Cela donne des moments drôles et cruels, ces dernières faisant leur éducation sentimentale quand leurs parents peinent à digérer la décision la plus violente et définitive de leur vie d’adulte.

L’amour sous toutes ses formes, et pas toujours les plus douces, envahit donc l’écran. Le film, où rien n’est à jeter, se fait de surcroît prouesse modeste. Sans jamais s’appesantir, la réalisatrice nous donne à ressentir intimement les tourments complexes qui se jouent, aidée en cela par une distribution impeccable.

Peut-être est-ce l’amour, mais c’est sûrement la vie.

Sébastien Bourdon

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